Quand consulter un psychanalyste ?

On peut consulter un psychanalyste lorsqu'on veut être libéré de son symptôme, parce qu'il nous fait souffrir. A cet égard, un analyste est celui qui prend au sérieux cet impossible à supporter dont le symptôme en son fond témoigne et il ne cherche pas d’emblée à le recouvrir par des prescriptions de conformité sociale.

Un analyste sait que ce que recèle un symptôme est fait de paroles, de sentences, de pertes réelles, d'événements inoubliables sur lesquels on n’a pas pu mettre de mots. La tâche du psychanalyste, à travers ce que dit le patient, est d'entendre le message crypté dont le patient est porteur et de l’aider à le lire.

L’analyste ne commente pas ce qu’a dit le patient, n’en fait pas une construction à la fin de la séance; il opère plutôt avec une grande sobriété, souvent dans la coupure de la séance dont le dernier mot se détache et se met à résonner d'une nouvelle façon, souvent surprenante.

L’analyste est tenu de n’imposer rien, rien qui soit de l’ordre du rétablissement “ d’un droit naturel ” ou d’ “ une harmonie naturelle ”: “ ne pas dicter son désir ”, ne pas gêner le travail du sujet, ne pas se servir du transfert pour suggestionner, “ formater ”, ne pas proposer de modèles identificatoires.

Un psychanalyste doit savoir attendre, savoir se taire aussi s’il veut qu’à la fin, le patient prenne la mesure de l’insoupçonnable de sa propre vérité . 

Un psychanalyste a pour lui-même appris ce qu’une psychanalyse recèle d’inattendu concernant les croyances, les espoirs, les illusions ; il a appris que la question du souverain bien est une question fermée et qu’un sujet aura à extraire de son vouloir les faux biens, les fausses demandes comme les faux dons pour aborder d'autres questions. 

 

Combien de temps dure une psychanalyse ?

De quelques semaines à plusieurs années... Cela est très variable d'un sujet à un autre.

Certains iront jusqu'au point d'être soulagé de la douleur que produisait leur symptôme et quand ils auront acquis une nouvelle liberté de décision. D'autres choisiront d'aller au-delà et s'engageront dans un travail plus ample de déchiffrage de l'inconscient.

Quelle est la fréquence des séances ?

Régulièrement, car cette régularité est essentielle au travail de déchiffrage de l'inconscient qui se déroule dans une cure analytique.

Un rythme compris entre 1 et 2 séances par semaine est souhaitable.

Quelle est la durée d'une séance ?

Le premier entretien, l'entretien préliminaire, est souvent plus long (environ 1 heure).

Les autres séances ont une durée comprise entre 10 et 45 minutes. L'important n'est pas ici le temps dont on dispose pour parler mais bien plutôt de déchiffrer l'inconscient.

En effet, si l’inconscient est imprévisible, disparu aussitôt qu’apparu, c’est lui qui crée le temps de la séance et l’analyste épouse ce temps. Et pour l’analyste, accepter ce temps, c’est intervenir ni trop tôt ni trop tard. C’est là affaire de tact et aucune règle ne peut y suppléer. Ajoutons que l’analyste est aussi pour Lacan un “ maître zen ” qui met tout son poids dans une coupure de la séance qui fait scansion temporelle et interprétation. Des effets de vérité peuvent alors émerger et se constituer en savoir.

 

Serai-je assis ou allongé sur le divan ?

Une analyse peut très bien se dérouler en face à face, assis dans un fauteuil; ou allongé dans un divan.

Le divan est un des outils de la technique psychanalytique.

Au cas par cas, le psychanalyste cherche à favoriser les conditions les plus fécondes pour le travail puisse se poursuivre. C'est dans cet esprit qu'il peut vous être proposé, à un moment donné, de le poursuivre sur le divan.

Quoi qu'il en soit, le premier entretien se fait toujours en face-à-face.

Quel est le coût d'une séance ?

Le coût de la séances est l'un des points abordés lors du premier entretien.

Il doit être cohérent avec les possibilités financières du patient.

Le coût de la séance est-il remboursé ?

La Caisse Primaire d'Assurance Maladie ne rembourse pas les séances, contrairement à certaines mutuelles. 

Faut-il préparer les séances ?

Non. La règle fondamentale de la cure psychanalytique est celle que Freud a appelée celle de  « l'association libre », consistant à laisser surgir les idées telles qu'elles se présentent sans chercher à les mettre en ordre ou à les rejeter : « Dites tout ce qui vous passe par l'esprit. Comportez-vous à la manière d’un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage tel qu'il se déroule à une personne placée derrière lui». Toute tentative de maîtriser la préparation des séances serait contraire à ce principe, ce qui n'empêche nullement de penser entre les séances à ce dont il sera pour vous important de parler.

Antoine Verstraet - Psychanalyste

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